SYNOPSIS :
“Birmanie”: Nom historique, donné durant la colonisation britannique.
“Myanmar”: Nom actuel, donné par la junte militaire.
Au niveau international, la Birmanie est souvent résumée à des moines s'insurgeant contre un gouvernement autoritaire, ou à des catastrophes naturelles dévastatrices. Il est vrai que la censure et le manque de liberté de la
presse au Myanmar contribuent largement à cette surmédiatisation ponctuelle et souvent tronquée. Au niveau touristique, un visa limité à 28 jours en Birmanie, ainsi que des conditions climatiques, d'hébergement et de
transport difficiles, contraignent le voyageur à ne pas sortir des circuits touristiques balisés, et limitent son jugement à une appréciation superficielle des conditions de vie des Birmans. Ce projet photographique part donc d'un constat simple : L'Occident ne connait pas la Birmanie.
Qu'en est-il donc de cette une population de cinquante millions de Birmans, de ses modes de vie, ses aspirations, de son quotidien ? Mais surtout, qu'en est-il de ces Birmans qui doivent faire face au jour le jour à une oppression qui dure depuis près de 50 ans ?... Presque étrangement, cette oppression sociale et politique est pour le voyageur occidental au Myanmar difficile à cerner, à ressentir, dans le paysage quotidien birman. Il faut bien sûr considérer
que le journaliste, autant que le touriste, évoluent et se déplacent en Birmanie dans des 'périmètres autorisés'. Mais même dans ceux-ci, il n'y a pas un policier ou un militaire à chaque coin de rue, et les démonstrations d'autorité ou de répression restent exceptionnelles... Bref, nous sommes officiellement dans une dictature, et même si
l'expression la plus éclatante de celle-ci réside dans le discours et la souffrance des birmans eux-mêmes, les symptômes visuels de cette dictature birmane restent presque invisibles au regard extérieur. Mais ils existent
pourtant. Simplement, ils ne s'offrent pas au regard de façon flagrante. Pour les voir, il faut s'arrêter et observer.
S'interroger pour mieux interroger. Et écouter les murs. Tous ces symptômes, imperceptiblement mais
inlassablement, révèlent alors le caractère latent de cette maladie qui ronge doucement les birmans au quotidien
depuis si longtemps, frustrant leurs désirs d'ouverture et d'épanouissement, et exerçant sur eux une pression
insidieuse, mais réelle. Cela explique d'ailleurs en partie la force et la montée en puissance des mouvements de
protestation que la Birmanie a connus en septembre 2007 (et surtout en 1988). « C'est une eau qui explose car elle
n'en peut plus de bouillir ».
Evidemment, la Résistance est présente. Une Résistance à l'image des pressions exercées : morale, subtile, discrète.
De l'enseignement bouddhiste à l'expression artistique (aussi contrôlée soit-elle), l'allégorie, la poésie, l'ironie et
l'humour sont les armes des birmans pour se défendre, pour exprimer, au moins entre eux, leur résistance. Son
expression n'a pas de limite.
Photographe à Poitiers, Pierre propose en parallèle de son activité de photographe local (photographe pour les entreprises - industrie, bâtiment, hôtellerie, restauration - et pour institutions, ainsi que photographe de mariage et de portrait pour les particuliers à Poitiers et alentours) des reportages-photos en France et en Asie : Bangladesh, Birmanie, Chine, Népal,... pour la Presse écrite internationale et française. Il collabore d'ailleurs dans ce cadre avec des ONGs et associations avec lesquelles il noue des partenariats.
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