Photographe Poitiers - Blog Pierre Torset - Au doigt et à l'oeil - www.pierretorset.com/blog/

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samedi 8 mai 2010

A l'ouest...

… à l’inverse de mon refuge habituel, à l’inverse du mode de vie idéal, à l’inverse de mes ennemis préférés.

A l’ouest, à Brest, où l’exotisme grise finalement autant qu’ailleurs. Les embruns et les dessalages me saoulent mais ne m’ennuient jamais. La mer du Penn-Ar-Bed prend bien soin de vous garder les yeux ouverts.

A l’ouest, à ‘bosser dans le tourisme’, et à aimer ça. Même si c’est surtout de la photo.

A l’ouest, à voir venir, avec le sourire et les yeux fermés. Même si les bulletins de salaire ne dureront pas.

A l’ouest, mais toujours chez moi et pas ailleurs. Même si je déménage bientôt.

Et surtout, plus à l’ouest, il y a Ouessant, une île d’où on revient, égal et sans blessures.

ID 231, Centre Nautique de Relecq Kerhuon

vendredi 12 mars 2010

De silence et de blanc

Le blanc des rues, tapis VIP, de Pékin jusqu’à Munich. De choc thermique en traumatique, je feins de feindre l’atterrissage en douceur. Mais il n’en est rien, je suis bien là, conscient sous le rocher, pendu par la taille, impatient que l’on coupe la dernière corde de sécurité.

Le silence de ces rues sans vie, et d’ailleurs d’Arun que je vous présenterai bientôt, chante à tue-tête. Mais cette cabane dans l’arbre n'est en fait qu'un abri d’infortune, où l’absence de bruit effraie plus qu'elle rassure. Je n’y passerai donc que quelques nuits, que je me servirai froides et saucées d'une solitude artificielle, la même que celle qui ne m’a pas attendu à l’aéroport. Quelques nuits donc, pour la forme.

De silence et de blanc, mon nouveau monde pour un temps.

Mais la chaleur et le satin, tes armes pour demain, presque trop vite, font leur chemin.

mercredi 10 février 2010

DESH TV ou la preuve par l'image



J'ai trouvé un bouton que je ne connaissais pas sur mon appareil-photo, et voici le résultat... Casting et dialogues à revoir, certes, mais c'est un début !!!
ps : sous-titres sur demande ;-)

lundi 1 février 2010

Et après ?


bangladesh salinity cyclone alia

Sud-ouest du Bangladesh, la fin du monde connu.
A quelques pas, le rebord et le précipice sans fond, du grand spectacle !

Alors je me balade sur l'arête, nonchalamment. Je me joue de l'équilibre comme l'enfant sur le bord du trottoir. Sifflotant, je vais de ci de là, enrichissant mon vocabulaire anglais de noms communs Aftermath, Shelters, Livelihood...

Une petite fille nommée AILA me prend la main quelques instants... Au gré des rencontres, je salue ces gens qui m'invitent à les suivre, ils m'indiquent le vide. "Non, je ne veux pas tomber, pas maintenant". Mais c'est tentant. Leur sourire déplacé est insistant, alors je promets de revenir, et m'échappe par la terre ferme !

En partant, je croise encore AILA, une hache à la main.

- Attention AILA, c'est dangereux une hache. Où l'as-tu trouvé ?
- C'est toi qui me l'as donné.
- Ah. Et que fais-tu avec une hache, AILA ?
- Rien, me répond-t'elle, je coupe le dernier arbre.
- D'accord, au revoir. Je souris, lui fais un geste de la main, et pars.

samedi 23 janvier 2010

Chaque matin, renaissent mes deux poings !

…chantait Mano Solo. Ce matin de Birmanie, j’imagine ces poings fermés, crispés à s’en péter les phalanges, serrés à jamais, rime finale d’un combat contre l’insipide, dernier pied-de-nez poétique, dernier cri sans bruit d’un assoiffé de la vie...

Je m’approche de lui et semble pouvoir entendre un murmure enragé : « Et vive la révolution !...... ». As-tu trouvé là la paix que tu ne cherchais pas, Mano ? Putain, tu vas manquer… L’homme « à la plus belle chanson de la Terre », l‘homme le plus libre que je connaisse, est mort.

Retour de Birmanie, 3ème volume : un épisode doux-amer cette fois-ci, partagé entre le plaisir immense des retrouvailles, de redécouvrir et de faire découvrir, et cette tristesse de ne pouvoir revoir ces deux amis qui avaient été ma Birmanie, ces deux mêmes qui m’avaient aidé sans compter quand je voulais réaliser ce projet photo de portraits birmans…

Mr Brown et Tun tun.

La prison et l’asile sont désormais leur présent. La prison et l’asile, la prison et l’asile, la prison et l’asile… Jour après jour après jour, sous-alimenté, dans cette cellule sans fenêtre, pas de livre, pas de visite, ressasser ses souvenirs… Courir, encore plus vite, la peur au ventre, laissant votre femme et vos enfants, quitter ce pays pour ne jamais y revenir... Ces mots tournent dans ma tête, j’essaie, je veux souffrir pour eux, partager, prendre sur moi, les soulager… mais mon empathie semble ridicule, pas à la hauteur de leur détresse : j’ai l’impression de pleurer à la fin de Titanic, et de me demander ce qu’il y a à diner juste après… Un ami commun et moi avons aidé Tun tun de la seule façon que nous pouvions, sa famille devrait le rejoindre dans un camp de réfugiés prochainement.

Le destin m’a surclassé en business class pour le retour vers l’enfer. Belle ironie… Surtout qu’à peine embarqué dans l’avion, un groupe de bangladeshis, pour raisons diplomatiques, jouait la force du nombre en boycottant le décollage... 2h de retard et welcome back Bangladesh ! Mais ce matin sur Dhaka, quelque chose avait changé… oh non, pas mon désir de ramener ce pays entier à la raison (j’y crois encore), mais juste un petit courant d’air, assez frais pour caresser et calmer ce mal de tête chronique… Chaque matin, renaissent mes deux poings !



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Avec ce dernier séjour, la série BIRMANS DU MYANMAR s’agrandit, mais uniquement de portraits de birmanes… Une partie des photos effectuées viendra compléter l’expo de Ste Geneviève des Bois (sud de Paris) consacrée aux FEMMES BIRMANES, qui débute le 1er mars. Plus d’infos ici.

dimanche 13 décembre 2009

Banglazic

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N'ayant trop rien a dire durant cette epoque critique de problemes digestifs (encore !), je vous laisse apprecier un peu de musique locale... Une page de pub en quelque sorte.

Variet ou musique traditionnelle (enregistree sur place), faites votre choix !

TRAD:

POP :

mardi 8 décembre 2009

Quel est ce pays ?

…où j’ai apprécié ce que j’ai mangé.

…où l’homme qui gère le trafic semble s’ennuyer.

…où des femmes surgissent. Une m’a même souri.

La ville s’appelle Khulna, mais suis-je toujours au Bangladesh ?

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jeudi 3 décembre 2009

Le 8ème des 12 travaux d’Astérix

Dix visites. Dix jours gâchés. Des heures passées...

Attente. Confusion. Désinformation.

Patience. Politesse. Colère.

Renoncer fût tentant. Tout reporter fut tenté.

Mais tout est là, ici et maintenant, isn’t it ?

Officiellement illégal au Bangladesh, enfin je respire.

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vendredi 27 novembre 2009

De la boue, du fer et de la sueur

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Je sors la tete de l'eau...

Dix jours dans l'impensable, a respirer sans transit la semelle de mes chaussures... Dhaka, en comparaison, est un havre de paix: la ville-enfer n'en etait en fait que l'antichambre ! Bievenue dans le theatre de l'effroi, avec ce decor de poubelles flottantes en decomposition forcee, ses moyens pyrotechniques sans effet special et surtout ses figurants innombrables interpretant avec brio au choix le desespoir, la melancolie infinie ou la folie... Le mythe de Sisyphe n'en est pas un, il existe ici a Chittagong, au Bangladesh, et ils sont des milliers.

vendredi 13 novembre 2009

Suivez le guide...

factory001.JPG …ou le fixeur, comme on l’appelle aussi, celui qui va vous permettre d’aller là où vous n’auriez jamais pu aller seul. Il est votre grand-frère local, votre voix, votre porte-monnaie. Ses atouts ? La jugeote, la démerde, le bagout. Il est discret. Il a de l’instinct et des relations. Il parle anglais, of course, mais sans plus. Il comprend surtout pourquoi vous êtes là.

Votre relation est au début conditionnée par un salaire, mais le temps passé ensemble fait le reste, les rapports formels s’estompent. Non seulement vous êtes tous les deux là pour travailler, mais vous mangez la même chose et vous êtes fatigués ensemble. Et quand il faut attendre, vous discutez (et on attend souvent ici…), et bien sûr, vous parlez de vous…

Mais lui, il fait encore jouer ses contacts quand vous rentrez le soir à l’hôtel, et il se lève une heure avant vous pour tout organiser. Par contre, il se repose quand vous travaillez. Et s’il fait bien son boulot, il se repose souvent.

Mais sans lui, c’est sûr, vous n’êtes rien.

mercredi 11 novembre 2009

Réflexion photographique

En attendant de retrouver les charmes multiples de Dhaka, dont celui du saint haut-débit, voici un petit apéritif ...

Le gecko, connu ici au Bangladesh sous le nom de tik-tiki. Petit animal quelque peu effrayant lors de la 1ere rencontre, mais auquel on s'habitue tres vite, car totalement inoffensif (et plus peureux que vous...) . Rideaux, cadres ou miroir sont ses lieux de planque privilégiés ! Il est juste la et guette pour vous insectes et moustiques. Une aide de camp en quelque sorte...

Au passage, les photographes amateurs pourront apprécier la difference de netteté entre la réflexion du miroir et l'emplacement du miroir lui-meme... Ca parait a priori logique mais la facon dont l' autofocus avait l'air de ramer m'a fait douter...

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mercredi 4 novembre 2009

La loi de la jungle

Enfin ! Après quinze jours de frénésie Dhakanaise (?), il etait grand temps de se mettre au vert. Première sortie, premier contact avec l’autre pays, première vraie respiration… mais aussi premiers petits soucis avec la nourriture locale, mon bapteme du feu en quelque sorte... welcome Bangladesh ! C’est donc un peu fébrile que j’ai pris la direction du Madhupur National Park, au nord de Dhaka.

La déception ne s’est pas faite attendre. Materné par deux fonctionnaires citadines et protégé par une tour d’ivoire montée sur 4x4, ce Parc aux allures de zoo s’est révélé beaucoup moins intéressant que prévu. Et le festival indigene prévu a la meme date a surtout consisté en une beuverie générale ! Pas trés photogénique donc... mais au moins eux ils ont eu l'air de bien se marrer !

La visite officielle aseptisée se déroulait sans encombre et sans intérêt quand le deuxième jour un événement inattendu vint troubler ma léthargie . Devant nous, une patrouille du Parc venait d’arrêter un villageois pour ‘collecte de bois non autorisée’, en plein cœur du Parc, dans la zone considérée écologiquement sensible. Escorté sous bonne garde jusqu’au Centre Forestier, le vieil homme attend là pendant que le Ranger en chef (le même qui l’a arrêté) nous fait la visite des lieux. J’observe du coin de l’œil l’homme, apparemment très anxieux. Que va-t-il lui arriver ?... Une interview s’impose. Le chef Ranger accepte, et nous nous approchons de l’homme. Il tremble.

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Le nez plein d’air conditionné, je me réveille et oublie pour un temps mes petits problèmes intestinaux pour comprendre ce qui se joue ici. C’est l’interview qui suit (en anglais dans le texte…). Pas du grand journalisme, certes, mais je crois qu’on comprend l’essentiel. J’espère que les quelques courbettes et ficelles tirées après coup furent assez solides pour sortir cet homme du tragique de la situation. Je m’en veux d’avoir oublié de demander son nom... Et au passage, cet espace naturel est l’un de ceux qui a subi au Bangladesh une des exploitations forestières ‘autorisées’ les plus drastiques et destructrices avant qu’il ne soit transformé en ‘Parc National’ afin d’en conserver un échantillon.

Ps : Vocabulaire en anglais (Van driver : conducteur-cycliste avec remorque qui vit du transport de biens, Core : Cœur du Parc, la zone sensible)

samedi 31 octobre 2009

Chroniques de la violence ordinaire

Depuis mon 1er sejour en Birmanie debut 2007, je me suis fait 2 bons potes birmans, Tun tun et Mister Brown (ce ne sont pas des pseudos), des trentenaires qui parlent anglais... L'un est guitariste, l'autre est prof. Etaient, devrai-je dire... Jusque la, ils vivotaient, arrivaient a survivre... Tun tun est papa de 2 enfants, et Mr brown s'est marie l'an dernier. Ils etaient aussi une des raisons pour retourner en Birmanie en debut d'annee prochaine. Tun tun m'a ecrit 2 emails cette semaine. Avec son autorisation, voici le dernier recu (tel quel):

''hi pierrre. Now Im in MaeHongSon.My story is very adventure.I fled Thailand alone.I left my family in Burma. As you know Br brown was arrested and two of my friend s girls were arrested. I will go to Maesod where our teacher live.My family s is fine.I got my wife news yesterday. During the September and October about 70 peoples were arrested.My plan is not sure.The police took my ID card and My wife ID card. Police come to my home at 30.8.2009.I know one of the police and they bring me to the the teashop. At the tea shop they told me that they arrested me.As soon as i know I run away.One of them follow me and try to grab me.He grab me and I run.away.But he is faster than me and try to grab me again.The next time I hit his bally with my fist.He fall downand other two police arrive him.Near where fihting is two road I go to left.They don't know which was way and ask the people. The people direct them wrong way. After that I was hiding in the fishing pool all day.As you know in our area a lot of fishing pool. Night i go to my friend home and next day I go to country site and hiding there one month.And than i flee to thailand .I have to go to maesod and I don't know for my future. Will you come to Thailand again ? What is your plan ? Kris is also try to help me. Any way Iwill keep in touch with you.I miss my family. Your friend''

mercredi 28 octobre 2009

Le bruit, et l'odeur.

Arrivée de nuit à 1h30, aéroport international de Zia / Dhaka. Deuxième nuit dans les transports, pas de monnaie locale en poche, pas d’hôtel réservé et un centre-ville à atteindre. Je ne réalise pas vraiment, tant mieux…

Premières impressions hallucinées de fatigue derrière la fenêtre du taxi : une ville usée, défoncée, improvisée, juste le minimum fonctionnel. Une lumière, un feu ici et là, quelques âmes en cercle, des relents d’après-cataclysme… mais surtout cette puanteur : pollution, pourriture, pisse… doucement je me réveille.

Le matin, je comprends pourquoi mon avion est arrivé de nuit. Depuis la fenêtre de ma chambre, Dhaka l’écorchée est là, et me sourit. Immeubles sans façade, bennes à ordures béantes, du fer et de la pierre à vif, partout. Un sourire sans dent. Dhaka, « la ville-enfer » le règne de la poussière, l'absence de couleurs... Et parmi les klaxons, un flot de dos courbés s’active déjà frénétiquement. Je crois que je vais aller me recoucher.

Je descends finalement dans l’arène. D’emblée, je cherche ma peur dans les regards que l’on me lance. Je remarque ce que je savais déjà: c’est un pays d’hommes. On racle, on crache, on crie, on râle. Je feins l’assurance, je marche, et marche encore, sans jamais perdre de vue mon hôtel. Je reconnais alors doucement ce premier bout de territoire que je m’approprie. Enfin, j’ouvre les yeux.

Deux fois que je passe devant ce restaurant, rassurant de vide. Je m’élance. D’instinct, je cherche la place la plus isolée mais m’assis dos au mur, afin de voir venir. Je mime alors au serveur "la même chose que mon voisin". Une fois celui-ci parti, j’essaie enfin discrètement de voir ce que j’ai commandé. Sentant ma présence, l’homme se retourne. Regards croisés, une seconde d’éternité et la réaction la plus inattendue arrive, ne m’en laissant alors aucune : il me sourit ! Merde…

vendredi 23 octobre 2009

But where is Charly ?

La bouffe est epicee, ils conduisent comme des dingues, et il fait une chaleur !!!... Comment ca, ca vous aide pas ?

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mardi 20 octobre 2009

Sans transition !

Mi-septembre 2007, la « révolution safran », celle des moines. Un reporter étranger est tué, l’occident découvre la Birmanie… Quel est ce pays ? Que s’y passe t-il ? Les journalistes se ruent, mais les visas se refusent. Dernier recours désespéré, on tente le passage forcé par voie de terre. Le seul endroit plausible : Mae Sot, Thaïlande. Mais là encore, aucun visa n’est délivré. Previsible, certes, mais c’est embêtant quand même, tout ce chemin pour rien ! Qu’à cela ne tienne, il y a ici une clinique avec peu de moyens et beaucoup d’envie, des réfugiés, des mourants… bref, une histoire. Donc on court, on filme, on shoote, et « les séropositifs en phase terminale, c’est à quel étage s’il vous plaît ? ». Et encore, seuls les plus polis demandent... Voilà donc comment en moins d’une semaine sont arrivés sur les murs des différents services de la clinique Mae Tao les panneaux « No photography without autorisation ».

Je n’ai pas eu besoin de cette histoire pour m’en convaincre, elle m’a juste conforté dans ce que je ne pouvais m’empêcher de ressentir ici : je ne suis pas un photographe de la maladie ou de la mort. J’étais juste submergé. J’étais ce malade, détestant cet étranger outrancier venant utiliser ma souffrance comme son gagne-pain : impossible de trouver le détachement, la distance juste. Je ne veux même pas essayer, même pas pour « voir ce que ça donne »... J’ai trop peur de faire n’importe quoi, d’être irrespectueux, de violer une intimité, un recueillement nécessaire. Même avec accord. Et si accord il y a, c’est encore pire, car alors vos photos ne doivent pas être vaines, inutiles. Vous devez être à la hauteur, et quelle hauteur ! Je ne ferai donc pas un demi-sujet sur un lieu qui en compte autant qu’il y a de personnes… Pour l’instant, je préfère aller faire ce que je sais faire là où on ne m’attend pas.

Mais un jour peut-être, avec plus de temps. Plus de temps et moins de fougue ;-) Ciao Thailande.

jeudi 15 octobre 2009

Mon royaume birman pour un donut !

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"...Et surtout n'oublie pas de rouler à gauche !"

Dernier conseil amusé donné par Thant. Le plus futile, le moins essentiel... mais le seul compris.

Le reste parlait de la situation à Mae Sot, ici, au nord-ouest de la Thaïlande, et de comment s'y retrouver dans cet imbroglio d'ONG, de camps de réfugiés birmans, de bénévoles étrangers... J'aurais bien voulu comprendre cette partie là, mais son thaïnglish est redoutable, et je n'en connais pas encore les règles. Mauvaise excuse certes, Thant est birman. Comme beaucoup, il a passé la frontière illégalement, en 1997. Comme beaucoup, il a fui au choix la maladie, la faim, l'illettrisme, la crise, le cyclone Nargys... Comme peu, il a réussi à ne pas finir dans les camps de réfugiés. Maintenant, il travaille dans une guesthouse et dirige le Volunteer Office. Sacrée promotion.

Sur la route qui mène au poste-frontière, perché sur mon vélo, j'aperçois de loin LA clinique Mae Tao, centre névralgique de Mae Sot. Créé par une autre grande Lady, le Dr Cynthia Maung, c'est de là qu'est coordonné l'essentiel de l'action humanitaire de Mae Sot et des ONG des environs. C'est là que je me rends demain... D'un coup, des klaxons surgissent derrière moi, on me montre l'autre côté de la route : "Rouler à gauche, ok ok, j'ai compris..."

Arrivée au poste-frontière. Un pont dit de l'amitié enjambe la rivière Moei qui sépare les deux pays. Tout autour, des militaires surveillent les environs. Quel est leur rôle ? S'assurer que les aller-retours constants sur les bouées de fortune se déroulent sans accroc ? Et du coup, à quoi sert le poste-frontière ? Dur à dire... je mets ça sur la liste des questions à poser à un interlocuteur intelligible.

L'aprés-midi, nous allons avec Thant livrer quelques jouets et vêtements à une ONG œuvrant dans l'éducation d'enfants birmans réfugiés, orphelins, ou passant quotidiennement la frontière pour avoir accès à un enseignement décent. Tout au moins plus que les locaux j'espère : une dizaine de boxes alignés servent à la fois de classe et de dortoir. Et la cuisine, qui paraît démontable, est plus petite que ma chambre à la guesthouse. Le prof d'anglais me dit avec un grand sourire que c'est là que les repas sont préparés par les instituteurs eux-mêmes, 2 fois par jour, dès 4h du matin, pour nourrir 250 enfants. Il me dit aussi qu'il faudrait que j' arrive plus tôt la prochaine fois, pour qu'on puisse jouer au football tous ensemble.

C'est sûr, penser à rouler à gauche va prendre du temps...

dimanche 11 octobre 2009

Comme un touriste dans la Chine...

Comme un touriste en Chine !

Non, ce n'était pas ma Chine. Pas celle que j'avais laissé quelques années auparavant. Déjà, ce ciel bleu, cet air chloré... c'était louche. Mais surtout ces lieux vidés de monde, ce confort depuis l'aéroport, ces panneaux en anglais, partout.

Arrivée le 1er octobre, jour des 60 ans du Parti. Parade officielle, Tian An Men interdit d'accès, la télé dans les chaumières, les rues désertes.

Le 2 octobre, la foule est revenue, mais bizarre, le beau temps est toujours là... je n'y comprends rien.

Il faut attendre le lendemain pour élucider le mystère : la Fête de la Lune tombe cette année le 3 octobre, donc la majorité des chinois est au repos (forcé ?) pour une semaine. D'où le beau temps. Les choses sont vraiment bien faites.

Cinq jours après mon arrivée, je réalise que les contrôles systématiques au rayon X du métro ne sont pas là que pour l'occasion.

Le 6 octobre, sortie officielle du dvd de la parade. Enfin ! Surtout si vous aviez loupé le direct (ok, léger différé...) ou que vous n'aviez pas été rassasié par une semaine de retransmission sur tous les écrans publics disponibles. Mais Youtube n'est pas accessible ici (tout comme Facebook), c'est donc finalement assez normal...

Le 7 octobre, le mauvais temps est revenu, c'est rassurant. Et surtout la cuisine chinoise est toujours là. Ouf, mes vacances sont sauves.

ps : petit plaisir sonore > Dans le Parc du Temple du Ciel de Pékin, où se réunissent tôt le matin joueurs d'échecs, cerfvoleurs, aérobiciens, moonwalkers et autres aficionados d'activités étranges mais souvent en groupe, un 'club du 3ème âge' dont les membres font tous face à un bout de verdure disponible, répète à la cantonade des formules tout en claquant dans les mains. Je suis passé à travers eux 2 fois. Voici l'un des passages. Sans autre forme de compréhension et de vulgarisation des mœurs culturelles, je vous propose d'apprécier l'ambiance sectaire :

vendredi 9 octobre 2009

Encore un blog !?

Et oui… Un de plus.

Sans prétention ? Bien sûr, comme les autres.

Personnel ? Ca va de soi ;-)

Pourquoi ? Plusieurs excuses : Tenir mes proches informés, les rassurer. Garder une trace, arrêter d’oublier. Partager, témoigner, toucher aussi... un peu. Cracher ma raillerie, brosser mon amour des mots dans le sens du poil. Croire que ce n’est pas la photo OU les mots. Me réconcilier avec ma langue, mon clavier et le monde en particulier. Me démentir et ne plus mentir, ou un peu moins. Respirer. Rire. Relativiser, beaucoup relativiser.